Fonctionnement
Le texte est posé sur une seule ligne, du premier signe au dernier, et parcouru de gauche à droite à une vitesse réglée en signes par seconde. C'est la seule horloge de l'instrument. Deux lectures de cette ligne sont possibles, et elles ne prennent pas la musique au même endroit : l'une lit le texte dessiné, l'autre le texte compté.
Suivre le sillon
Le texte est d'abord dessiné, à la suite, dans la police choisie. Chaque signe est posé à sa largeur mesurée, sans crénage ni ligature, de sorte que la position d'une lettre dans la ligne ne dépende jamais de sa voisine. Ce dessin n'est pas une image de la page : c'est une bande d'une centaine de pixels de haut et de la longueur du texte, calculée par tuiles au fur et à mesure que l'aiguille avance.
Pour chaque colonne de cette bande, l'instrument retient la première encre rencontrée depuis le haut. Cette suite de hauteurs est le sillon. Un jambage montant le fait monter d'un coup, une panse ronde le fait redescendre en courbe, une majuscule le tient en haut le temps de sa largeur, un accent le fait sauter au-dessus de sa lettre. Le blanc entre deux mots ne contient aucune encre : l'aiguille s'y lève.
| Ce qu'elle rencontre | Ce qu'elle en fait |
|---|---|
| La hauteur du bord du tracé | La note, du pied du sillon à son sommet, sur l'étendue choisie |
| La forme du tracé sous la pointe | L'onde, donc le timbre, redessinée dix fois par seconde sur une fenêtre de cent vingt-huit colonnes |
| La quantité d'encre dans la colonne | L'ouverture du filtre : un plein est sourd, un délié est clair |
| Le papier nu, entre deux mots | Le silence, la pointe se lève |
| La position dans la page | La place dans le stéréo, de gauche à droite |
La voix ne s'arrête jamais tant qu'il y a de l'encre. Il n'y a ni attaque ni note séparée, seulement une hauteur qui se déplace et un timbre qui change de lettre en lettre. C'est ce qui distingue cette lecture de l'autre.
C'est le seul réglage qui change la matière du son plutôt que sa hauteur. Une serif à contraste fort donne un sillon irrégulier, avec des ressauts nets aux empattements et des déliés qui éclaircissent le timbre. Une linéale de même corps donne un sillon plus plat et plus sourd. Une monospace donne un sillon régulier, presque une horloge, puisque chaque signe occupe la même largeur.
Les deux premières familles de la liste sont servies depuis ce domaine et existent donc toujours. Les suivantes sont des familles libres, employées seulement si elles sont déjà installées sur l'appareil : aucune n'est chargée à distance. Celles qui manquent sont marquées absentes et leur famille générique prend le relais.
Compter les signes
L'autre lecture ne dessine rien. Une seule règle porte tout le reste : le rang de la lettre dans l'alphabet donne sa hauteur dans l'étendue, le a en bas, le z en haut, les vingt-quatre autres réparties entre les deux. Chaque signe vaut un pas d'horloge.
| Signe | Ce qu'il fait | Durée |
|---|---|---|
| Lettre | Une note, à la hauteur de son rang | Un pas |
| Majuscule | La même note, attaquée plus fort | Un pas |
| Lettre accentuée | La même note, doublée à l'octave et plus douce | Un pas |
| Lettre redoublée | Pas de nouvelle attaque, la note précédente se prolonge | Un pas |
| Chiffre | Une note, de 0 en bas à 9 en haut | Un pas |
| Espace | Silence | Un pas |
| Virgule, point-virgule, deux-points | Silence, et l'accord change | Un pas |
| Point, exclamation, interrogation | Silence, et la phrase suivante repart de la tonique | Deux pas |
| Retour à la ligne | Silence, et la phrase suivante repart de la tonique | Trois pas |
| Tout autre signe | Il n'est pas lu | Aucune |
L'harmonie
L'harmonie est commune aux deux lectures, parce qu'elle ne vient ni du dessin ni du rang des lettres mais de la ponctuation. Une phrase va d'un signe de ponctuation au suivant. Son accord est la somme des rangs de ses lettres, ramenée au nombre de degrés de la gamme. Une phrase qui suit un point repart toujours de la tonique : c'est la seule cadence de l'instrument.
À chaque changement, le nouvel accord est cherché dans le renversement le plus proche du précédent, celui qui demande le moins de déplacement en demi-tons. Une basse et une nappe le tiennent jusqu'à la ponctuation suivante. Rien n'est tiré au sort : deux lectures du même texte donnent la même suite d'accords, dans le même ordre.
L'aimant décide du rapport entre la ligne et la gamme. Par sillon, à zéro, l'aiguille glisse d'une hauteur à l'autre sans se poser, et le texte devient une longue inflexion continue. Au maximum, elle se pose sur les degrés et la phrase redevient mélodique. Par signes, il ramène les lettres vers les notes de l'accord en cours.
Guide de réglages
| Intention | Lecture | Vitesse | Étendue | Aimant |
|---|---|---|---|---|
| Premier essai | Sillon | 5 par seconde | 3 octaves | 35 % |
| Parole, inflexion continue | Sillon | 3 par seconde | 2 octaves | 0 % |
| Mélodie tenue | Sillon | 4 par seconde | 2 octaves | 100 % |
| Machine à écrire | Signes | 8 par seconde | 1 octave | 60 % |
| Texte long, lecture de fond | Sillon | 2 par seconde | 3 octaves | 50 % |
Une étendue d'une seule octave resserre le texte et le rend chantant. Trois octaves laissent le dessin s'étirer et donnent des sauts que seule une écriture pouvait produire.
Méthode
- Coller le texte, ou écrire une phrase. Le sillon se redessine à chaque frappe, sans interrompre la lecture en cours.
- Lire une fois sans rien toucher, pour entendre ce que le texte fait de lui-même.
- Changer de police et relire la même phrase. C'est le seul réglage qui change la matière du son.
- Régler l'étendue jusqu'à ce que les sauts cessent de faire mal, puis la vitesse à l'oreille.
- Poser l'aimant en dernier : c'est lui qui décide entre le glissement et la mélodie.
- Choisir la tonique et la gamme, qui ne changent que la couleur de l'ensemble.
- Exporter la ligne, le relevé, ou les deux.
Diagnostic
Les mesures de la lecture sont repliées sous les réglages avancés.
| Mesure | Ce qu'elle dit |
|---|---|
| avancement | Le signe atteint, sur le nombre total de signes lus. |
| temps | Le temps écoulé et la durée totale, à la vitesse courante. |
| accord | L'accord de la phrase en cours et sa fonction dans la gamme. |
| hauteur | La note sous l'aiguille, ou papier nu si la pointe est levée. |
Exporter
Deux sorties. La ligne en dessin vectoriel, repliée en systèmes successifs : le sillon tel que l'aiguille le suit, ou la courbe des lettres selon la lecture active. Le relevé en tableau, avec le temps, le signe ou la position, la hauteur, le nom de note et l'accord, de quoi rejouer la pièce ailleurs ou la vérifier à la main.
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